L’amour maternel : inné ou progressif ?

Non, ce n’est pas un sujet de dissertation 😉

Juste une question que je me pose depuis quelques mois.

Je n’ai qu’un enfant et donc pas de point de comparaison (de toute façon, chaque maman, chaque enfant est unique…). Pendant ma grossesse on m’a dit, très souvent « tu verras, on te la donnera et tu l’aimeras au premier regard. » J’étais perplexe. Je me disais que oui, c’était naturel, mais qu’il y avait aussi le chamboulement provoqué par la naissance, la rencontre timide avec ce petit être un peu inconnu, les premiers jours d’adaptation, etc…

Et puis bébé est né. On me l’a donnée pour nos 2 h de peau à peau, et je me suis sentie encore plus confuse. Bien sur, ce petit trésor, je l’aimais déjà, depuis que je connaissais son existence… Mais ma réaction était très « animale », je me sentais hyper protectrice, j’avais envie de la garder contre moi. Par contre, je ne la connaissais absolument pas, et j’étais parfois démunie face à ses pleurs…

Avec le recul, je me dis que c’est normal. Et les premiers mois, très durs, où je restais avec elle du matin au soir, elle hurlant de douleur, moi pleurant de fatigue/desespoir/detresse devant mon petit bout qui souffrait, je ne pensais plus à l’amour. Il y avait juste la fatigue, l’inquiétude, le ras le bol, et cette impression que le temps était long, mes journées interminables, et que ça ne finirait jamais.
Quand son père rentrait, je m’empressais de lui donner et d’aller loin d’elle, me coucher, sous la douche, ne plus l’entendre pleurer, repousser cette sensation de « elle ne m’aime pas, je ne sais pas m’en occuper ». Chacun de ses pleurs, de ses mouvements quand elle dormait, me faisait frissonner.

Je me revois la bercer en pleurant, lui dire que j’étais là, dans la demie-obscurité tamisée et tranquille de sa chambre. Me rendre compte que ce qui me faisait mal, c’était de la voir souffrir. Et ce déclic dans ma tête: « mais alors je l’aime, et depuis le tout début ». Doucement, surement, l’amour grandissait, évoluait, tout naturellement et d’une façon bien à nous.

Elle a grandi, elle a guéri et j’ai pris de l’assurance. Désormais je savais la calmer, d’instinct, je reconnaissais les pleurs. Elle a commencé à m’émerveiller tous les jours, j’ai commencé à me réjouir de la retrouver le soir, ou le matin, après la séparation du travail ou de la nuit.

Je suis devenue possessive, je le sais, et je travaille la dessus. Peut être que je compense nos premières semaines de doute et de peur, l’arrêt de l’allaitement, peut être que je veux rattrapper le temps perdu, peut être tout simplement que je veux profiter de chaque minute…

Et cet amour maternel que je n’arrivais pas à comprendre, cette fusion qui me paraissait surréaliste, ce bonheur qu’on me décrivait, petit à petit, c’est devenu une part de notre vie.

Et vous, ça s’est passé comment, ce lien avec votre enfant?

  2 Commentaires

  1. Pascale   •  

    On m’avait dit « c’est que du bonheur », « tu vas l’aimer tout de suite » ou « c’était le plus beau jour de ma vie », ben c’est juste faux, la grossesse c’est dur, l’après accouchement c’est dur, je ne sais pas si ma santé redeviendra comme avant. Au début on tiens à ce petit bout qui dépend entièrement de nous mais on ne le connais pas du tout, on ne peut donc que l’aimer davantage de jour en jour quand on apprends à le connaitre et qu’on a un vécu avec lui. Personnellement, l’instinct maternel je ne connais pas !:)

  2. Pour moi non plus LA rencontre n’a pas été une évidence. J’ai appris à apprivoiser Babychoupette, à surmonter mes craintes de la manipuler de la voir si petite, à apprivoiser ses pleurs et ses cris…et transformer mon instinct animal protecteur en amour inconditionnel 🙂

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