Il y a…

Il y a la grande, si vive mais tellement attentive aux détails, observatrice mais fonceuse, douce et déterminée. Ma rigolote, celle qui ferait mille pitreries pour faire rire sa soeur, nous arracher un sourire en toutes circonstances, celle qui paraît parfois si forte et si grande déjà. Ma moyenne, comme elle dit, parce qu’elle n’est pas une grande encore ! Ce petit bout de fille de 4 ans, haute comme 3 pommes et toute menue (si on m’avait dit ça quand elle était encore un bébé sumo !), ce caractère bien affirmé et cette sensibilité à fleur de peau. Cette empathie qui me surprend toujours, peut parfois me démunir mais force l’admiration. Ces émotions qu’elle ne contient plus et exprime de mieux en mieux, bien mieux que je ne le ferais moi même. Tout ça, et plus encore, c’est ma Liloute.

Et puis il y a la toute petite, plus si petite que ça, mon champignon, mon hippo-glouton, mon pseudo-babi qui n’en est pas un, mon brin de blé auquel on doit avoir mis trop d’engrais… Celle qui suit sa soeur comme son ombre, rit à toutes ses drôleries, lui pardonne tout en une seconde, lui ferait mille calins toute la journée. Elle ferait des câlins au monde entier d’ailleurs, ma toute mignonne, ma boule d’amour ! Elle n’est que bisous et câlins la plupart du temps, mais a elle aussi un caractère bien trempé, dans la lignée de celui de sa soeur, quoiqu’un peu différent. Elle sait ce qu’elle veut et ce qu’elle ne veut pas, elle sait se défendre et se faire entendre ! Celle qui était petite et crevette, ma toute fragile, mon bébé RGO (bon, sur ce point là, ça n’a pas changé), et qui a plus grandi et grossi en 2 mois que durant les 6 mois précédents ! Mon bébé qui approche des 18 mois (hein, déjà ?) et veut déjà tout faire seule. Celle qui évolue plus vite que son ombre, l’effet grande soeur sans doute, qui m’impressionne et me fatigue aussi. Celle qui ne fait toujours pas ses nuits, et fait sa sieste en deux fois. Elle qui adore jouer, danser, sauter, courir, rire et surtout chanter, tout le temps. Qui commence à jouer seule et me laisse (enfin?) respirer.

Je les ai maternées toutes les deux, bien que différemment. En mode collée/fusionnée à ma grande pour récupérer des trop longues heures où elle était chez la nounou (10 heures par jour, 5 jours par semaine…), avec cette culpabilité d’avoir cassé trop tôt mon congé parental et le regret de ne pas avoir « fait mieux ». Ca va bien mieux aujourd’hui, le temps a effacé une grande partie de tout ça. J’ai connu le portage intensif avec Liloute, par obligation puis par plaisir, je me suis posé les premières questions sur l’éducation, la parentalité, fait des erreurs, appris, recommencé… Le premier essuie les plâtres c’est bien connu, mais un parent qui se remet en question pour évoluer, c’est déjà bien. Avec elle, j’ai appris l’amour inconditionnel, la peur pour son enfant, le sentiment de pouvoir déplacer des montagnes pour lui, la fatigue, l’impuissance, la colère, l’épuisement. Et le bonheur intense, celui qui te prend aux tripes, n’importe quand.

Miniloute, c’est mon bébé koala, celle qui a fini de me transformer en maman kangourou. Celle qui me pousse à revoir mes jugements, mes pulsions, mes principes si illusoires, pour ne garder que l’amour et l’envie de la voir grandir harmonieusement. Celle qui a tant de fois poussé toutes mes limites, m’a envoyé dans mes retranchements, a fait voler ma patience en éclats, pour mieux tout reconstruire. Celle qui a aussi fait changer ma vision de l’éducation de sa soeur, celle qui a été le point de départ de ce changement que je sens lentement s’opérer en moi.

Celle qui a achevé de me faire grandir.

Mais pas trop quand même !

Ce sont elles qui me poussent à bout, au bout de moi même, qui me font sortir de mes gonds et pleurer parfois. Enfin, ce sont surtout mes propres réactions, moi qui crie, hurle, pète un durite, quand la coupe est pleine. Trop souvent. Et puis ce sont elles qui me montrent le chemin, tout aussi souvent… Pour me faire remettre en question ces idées toutes faites du rapport parent/enfant, qui rechargent mon coeur d’amour en un regard, bisou, « je t’aime maman ». Celles qui me recentrent sur le plus important.

Mes filles, celles à qui je devrais plus souvent faire confiance, laisser plus libres, moins contrôler. Qui m’apprennent jour après jour que c’est ok si je veux prendre soin de moi pour mieux les aimer. Pas toujours facile à accepter, entre culpabilité, ce qu’en pense la société, mes envies contraires d’une vie professionnelle et de disponibilité pour les voir grandir.

Il y a entre elles cette complicité si forte, cet amour inébranlable, si naturel, sans se forcer. Je n’aurais pas pu rêver d’une relation pareille entre elles, même si il y a pas mal de chamailleries et jalousies plutôt normales entre soeurs. Il y a ces moments où elles sont collées, inséparables, dans leur propre monde, et ceux où elles ont besoin de leur espace à part, pour reprendre des forces séparément.

Ma grande moyenne et ma petite plus si petite. Ce duo qu’on ne pourrait plus imaginer l’une sans l’autre.

Mes douces canailles <3

 

Mes filles

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