Annoncer la venue d’un petit frère ou d’une petite soeur à nos filles : leur réaction

annonce grossesse aux enfants

Je redoutais un peu l’annonce de ma 3è grossesse à mes ainées : leur annoncer qu’un petit frère ou une petite soeur allait arriver dans notre famille risquait de les chambouler. De plus, nous avions toujours affirmé que nous n’aurions pas d’autre enfant, et notre petite dernière allant sur ses 6 ans, l’écart me fait un peu peur.

Comment ont réagi mes filles de 8 et 5 ans à cette nouvelle ?

Déjà, il est bon de rappeler que mes filles ont un lien très fort, comme beaucoup d’enfants de moins de 3 ans d’écart selon moi (elles ont exactement 2 ans et 10 mois d’écart, si vous cherchez la précision :p). Elles forment une fratrie très soudée, partagent leur chambre depuis toujours ou presque (ce qui ne sera plus le cas d’ici un an d’ailleurs, mais ça fera l’objet d’un autre article), et même si les disputes sont fréquentes elle forment un duo presque inséparable.

Liloute grandissant, on voit aussi qu’elle aime passer du temps seule et tranquille, loin de sa soeur un peu plus jeune et plus « turbulente » (ce n’est clairement pas le mot, mais leur différence de caractère est vraiment notable), mais aussi quand nous sommes chez des amis qui ont des enfants plus grands. La petite en souffre encore parfois mais elle s’adapte vite, aime jouer avec les plus petits comme les plus âgés, fille comme garçon. Elle nous a d’ailleurs déjà réclamé « un petit frère » l’an dernier.

Mais alors, pourquoi cette appréhension à annoncer l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite soeur à mes enfants ? Attention, si vous n’aimez pas les articles blabla, racontage de vie et auto-analyse d’une maman qui culpabilise toujours trop, il est encore temps de fermer la fenêtre. Sinon, ça vous aidera peut-être si vous êtes ou avez été dans la même situation, qui sait ?

La peur de décevoir

Ah, on rentre dans le vif du sujet de l’article auto-centré :p

Si il y a bien UN truc qui me caractérise depuis toute petite, c’est la peur de décevoir. Le regard des inconnus, clairement, je m’en fiche, encore plus depuis que je suis devenue maman. Mais le regard et le jugement de mes proches, c’est une toute autre histoire ! J’ai tendance à anticiper leurs réactions, penser que je vais décevoir tout le monde, me mettre une pression monstre alors que la plupart du temps, mon entourage est là pour accueillir mes émotions et discuter posément.

Ne me demandez pas d’où ça vient, on a pas le temps et ça vient surtout du même endroit de cette fameuse tendance à culpabiliser et ne jamais lâcher prise. Si quelqu’un trouve cet endroit, qu’il le barricade ou le dynamite, ça me rendrait service.

Bref, annoncer ma troisième grossesse, qui plus est non prévue, revenait pour les adultes à leur dire que j’étais « une gamine inconsciente qui ne sait pas gérer sa contraception » (spoiler alert : personne de mon entourage n’a jamais pensé ça, c’est toujours ma foutue conscience) Et l’annoncer à mes filles était pour moi le pire : elles ne s’y attendaient pas et j’avais énormément de craintes.

Le reflet de mes propres angoisses

Evidemment, ma plus grande peur était qu’elles ne soient pas heureuses à cette idée : un peu comme moi qui ai eu beaucoup de mal à me réjouir ou m’investir les 2 (voire 3 !) premiers mois. J’avais peur qu’elles se sentent délaissées, j’avais peur de ne pas être assez disponible pour elles, d’être trop fatiguée, de trop crier… Bref peur de ne pas être une bonne mère (qui a dit « comme d’habitude » ?).

En dehors de la projection de mes propres peurs (il y a aussi la peur de ficher en l’air mon couple mais ça aussi ça fera l’objet d’un autre article), il y avait tout simplement les craintes liées à mes filles et leur personnalité :

Liloute est une grande fille qui a toujours assumé le rôle d’ainé sans (trop) broncher. C’est le premier enfant, celui qui essuie les plâtres, celui qui a souvent un peu trop la pression et pas assez de temps de la part de ses parents (en tout cas, c’est le reproche que je me fais pour notre situation). C’est celle qu’on considère comme « l’enfant parfait », l’enfant sans problème, celui qui grandit tout seul… Mais qui a pourtant énormément besoin de nous (comme tout enfant, non ?) Elle a tendance à être très discrète, très réfléchie, très dure avec elle-même et surtout n’ose pas nous parler de ses états d’âme ou de ses problèmes. Selon elle, c’est par peur de « nous embêter » ou « de se faire crier » et j’avoue que c’est toujours un coup dur quand elle dit ça… Alors il faut prendre le temps, lui consacrer du temps rien qu’à elle, discuter, beaucoup et souvent. Pas toujours évident quand on a une tornade hypersensible en guise de deuxième enfant, mais on fait de notre mieux. Du coup, j’avais vraiment peur qu’elle se sente encore plus délaissée et qu’elle appréhende. Je me disais aussi qu’elle était « sage » et qu’elle s’y ferait vite, paradoxalement et sans doute pour me rassurer.
Evidemment, c’est mon premier bébé, ma grande, celle qui m’a fait devenir maman après tant d’embuches. Celle avec qui j’ai connu le baby blues mais aussi la fusion pendant 2 ans et demi… Et qui me rappelle beaucoup l’enfant que j’étais, tellement que c’est souvent un peu difficile de prendre du recul et de ne pas tomber dans des « réflexes ».

Miniloute est… Miniloute. Cette enfant explosive dans ses hauts et ses bas, qui épuise et nous attendrit en un éclair. Ma petite hypersensible, dans une forme différente de sa soeur et de moi. Celle à qui j’ai collé plein d’étiquettes et qui n’en a cure. L’enfant bien dans ses baskets mais qui reste le bébé de la fratrie. La petite dernière dont on s’occupe beaucoup, qui réclame beaucoup d’attention, tout le temps. Celle qui, en grandissant, gère de mieux en mieux ses émotions, les exprime sans difficulté mais souvent « bruyamment ». Celle qui épuise ma patience et que je ne sais pas toujours consoler au mieux. Celle qui a complètement chamboulé ma vision de la maternité tant elle est différente de sa soeur. Evidemment, j’avais peur pour elle qu’elle réagisse mal, ne veuille pas de ce bébé ni perdre sa place de dernier enfant. 

anoncer 3eme bebe aux freres et soeurs

Leurs réactions

Finalement, après plusieurs jours d’insistance du papa, qui avait à coeur de leur dire et de les préparer (et en avait marre que je repousse l’échéance et que je sois dans le déni, surement…), on a décidé de leur dire. A la base, il fallait surtout les rassurer sur mon état : elles me voyaient assez malade depuis plusieurs semaines, souvent pâle et au lit, et ma grande commençait à s’imaginer qu’il m’arrivait quelque chose.

Leur père à commencé par leur dire que j’étais effectivement fatiguée ces derniers temps, qu’elles l’avaient surement constaté mais que je n’étais pas malade. Que parfois c’est aussi le cas quand on attend un bébé. Elles n’ont pas compris tout de suite et il a fallu ajouter qu’elles allaient avoir un petit frère ou une petite soeur dans quelques mois.

J’avais le regard rivé sur elles et j’ai vu les yeux de ma grande se gorger de larmes. Ma petite a explosé de joie et sauté partout, mais ma grande m’a regardé larmoyante en disant « mais j’ai déjà une petite soeur… » 
Mon coeur s’est brisé en mille morceaux parce que j’ai eu peur qu’elle soit triste. Et puis je lui ai parlé un peu, et elle m’a avoué qu’elle avait eu peur en me voyant malade mais qu’elle était heureuse. Miniloute a vite pris le relais en me demandant où était le bébé, si c’était une fille ou un garçon et si il allait arriver bientôt ou pour son anniversaire (le tout en 30 secondes chrono)

Par la suite, quand nous l’avons annoncé à nos proches, elles étaient très fières de le savoir avant tout le monde et de même pouvoir le dire elles-mêmes.
Je me suis rendue alors compte que j’avais (comme souvent) eu peur pour pas grand chose.

Et maintenant ?

Désormais, c’est passé et ça fait partie de notre quotidien. Ma grande aime écouter le coeur de bébé de temps en temps au doppler (application sur mon téléphone en mode avion, que j’essaie d’utiliser un minimum), ma petite n’arrête pas de caliner mon ventre, de lui parler, de me poser des questions, de vouloir acheter des choses pour le bébé…

On essaie de les préparer au chamboulement, de prendre du temps pour elle et surtout de leur faire comprendre qu’il y a encore plusieurs mois à attendre. Récemment, elles ont été un peu déçues d’apprendre qu’on ne saura pas le sexe de bébé tout de suite, font des pronostics et parient volontiers sur un petit frère… Seule exigence : partager leur chambre est hors de question (ça tombe bien, ce n’était pas prévu)

Evidemment je mentirais si je vous disais que je n’avais plus aucune crainte. J’en ai encore des tas ! Mais j’essaie de les prendre une à la fois, de vivre cette grossesse jour après jour et de laisser mes filles un peu tranquilles avec ça. Elles auront bien le temps d’être chamboulées une fois bébé arrivé et on trouvera notre rythme progressivement à ce moment là !

4 commentaires

  1. Bon Juste une réaction à ta remarque : »Ne me demandez pas d’où ça vient, on a pas le temps et ça vient surtout du même endroit de cette fameuse tendance à culpabiliser et ne jamais lâcher prise » nous donnant à penser ( et c’est ce que tu voudrais croire) que tu sais parfaitement d’ou vient le problème, même si tu ne nous le dis pas.
    Laisse moi te déshtroumpher à ce sujet : Quelle que soit la cause du problème, à supposer qu’il en existe une, si tu avais vraiment mis le doigt dessus, je t’assure bien que ton problème aurait cessé d’exister.

    L’inconscient est ainsi fait que lorsque nous sommes en conflit avec lui pour quelque chose, et comme nous sommes souvent des gens qui voulons des explications pour tout, afin de nous donner un peu de légèreté, l’inconscient nous fait regarder à coté. Parfois juste à coté, mais pas dessus.

    Ça me rappelle l’histoire de deux copains de psychothérapie que se rencontrent par hasard …

    – Dis moi, j’ai trouvé un psy super génial. Avec lui j’ai fait de supers avancées…
    – Alors tu ne fais plus pipi au lit maintenant? …
    – Si je fais toujours pipi au lit, mais maintenant j’en suis fier !

    🙂

    Donc si tu crois connaitre la raison de tes problèmes, mais que tu as toujours tes problèmes, la seule analyse sérieuse, c’est que tu te mets le doigt dans l’œil jusqu’au coude 🙂

    1. Ou bien que j’ai plusieurs pistes et pas encore défini d’où ça vient exactement (comme je disais, c’est bien trop long pour en parler dans cet article là 😉 ) Par contre je suis bien d’accord pour le conflit avec l’inconscient !

  2. Je me reconnais à nouveau tellement dans ce que tu écris : mes 2 premiers (une grande calme et introvertie, et un 2e… explosif !), très fusionnels, j’ai les mêmes sentiments d’amusement et craintes tant ma première me rappelle l’enfant que j’étais. Tout ça est si joliment écrit !

    Pour ma part, j’ai voulu leur annoncer ma 3e grossesse le plus tard possible pour ménager leur impatience (9 mois, c’est long!), et ça s’est fait de manière inattendue et très naturelle lorsque ma grande a regardé mon ventre et pensait faire une blague en citant un livre qu’on aimait bien lire (L’histoire d’une petite fille qui apprend que sa maman est enceinte et qu’elle va être grande soeur) : « maman, je trouve que tu as un gros ventre, on dirait qu’il y a un bébé dedans! haha », et je lui ai dit « peut-être que tu as raison et qu’il y a bien un bébé?! » : ses yeux se sont agrandis et sa bouche s’est ouverte de surprise… puis j’ai poursuivi « et peut-être même qu’il y en a 2! »… ses yeux sont devenus encore plus écarquillés et sa mâchoire carrément pendante !! Elle était folle de joie d’avoir bientôt 2 petits frère/soeur, et on a beaucoup ri de sa réaction par la suite. Le petit frère tornade, lui, s’est réjoui avec nous même s’il n’avait pas tout compris, du haut de ses 2 ans 1/2 ! Ils ont été très impatients, très curieux et câlins avec mon ventre, très fiers de parler des futurs bébés à notre entourage, et ce sont aujourd’hui des supers grand frère et soeur, amoureux des jumeaux qui ont maintenant 6 mois. Je te souhaite la même chose avec ton bébé surprise ! L’avantage d’un 2e avec un caractère fort, c’est qu’il ne devrait pas trop souffrir de la difficile position du milieu – l’avenir nous dira si j’avais raison !

    1. Merci pour ce commentaire qui me touche beaucoup 🙂
      C’est aussi ce qu’on me dit pour le deuxième au caractère fort, qu’il supporte « mieux » la position d’enfant du milieu… On verra de toute façon on va tatonner pour trouver notre équilibre ^^

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