Hypersensibilité, grossesse et coronavirus

grossesse et coronavirus

Dans le contexte actuel, difficile de gérer hypersensibilité, grossesse et coronavirus… Article coup de gueule sur mes peurs enceinte face au virus.

Je pense que je ne surprendrais personne si je vous dis qu’être enceinte en ce moment ce n’est pas que du bonheur (spoiler : ça ne l’est pas non plus en temps normal mais vous comprenez l’idée)
Je vous préviens, cet article va être décousu, et si vous n’aimez pas les articles personnels où on se confie sur ses états d’âme, passez votre chemin. Cet article n’a pas non plus vocation médicale ou scientifique, je ne suis pas atteinte du Covid19 pendant ma grossesse et je n’ai pas de connaissances ou de recul là dessus (c’est un peu le désert niveau infos d’ailleurs je trouve), il traite surtout de mes angoisses et le fait d’être enceinte pendant la pandémie, l’impact de l’hypersensibilité etc.

Mais à quel endroit parler de tout ça pendant cette période de confinement si particulière si ce n’est sur un blog personnel ? Bref, j’arrête de me justifier et je rentre dans le vif du sujet.

A lire aussi : enceinte pendant le confinement, entre angoisse et reconnaissance.

Depuis toute petite, les émotions me posent problème. Mais genre vraiment. Surtout les miennes, ça va de soi (mais aussi celles de mes filles par ricochet souvent depuis que je suis maman, autre sujet), parce que je les prends comme une faiblesse, comme quelque chose de honteux ou à cacher. Alors j’ai appris à refouler, à ne pas me confier, pour finir par déprimer quand le trop plein finit par tout envoyer valser. Je me suis toujours vue comme « une pleureuse » qui fait un grand cas pour 3 fois rien et j’ai toujours eu l’impression ou la peur de déranger avec ces émotions qui prennent tellement de place.

Et puis j’ai consulté au début de ma vie d’adulte, j’ai rencontré des personnes qui vivent la même chose, j’ai mis des mots sur mes « particularités ». Et si au début j’ai eu le réflexe de les détester, les cacher, en avoir honte, ces « étiquettes » m’ont aidée à mieux me comprendre. Surtout en devenant maman.

Hypersensibilité et maternité

Depuis que j’ai « ouvert les vannes » (notamment après mes fausses couches successives) je pleurais souvent. Et puis je suis tombée enceinte de Liloute et depuis, je pleure pour TOUT. Genre sous hormones de grossesse, mais en permanence. Du coup enceinte, bah c’est pire. Dans la joie, dans la tristesse, mais aussi dans l’angoisse. 

Oui « je m’en fais trop », mais où est la norme ? Oui, j’aimerais être « plus cool, moins prise de tête », il est où le mode d’emploi ? Et surtout pourquoi je changerais la personne que je suis vraiment au lieu de l’accepter pour mieux m’épanouir ? 

Alors oui, depuis que je suis maman en particulier je suis encore plus émotive. Mais aussi plus joyeuse. Plus vivante. Là où avant j’étais aigrie par le refoulement (ça se dit ça ?) des émotions, maintenant je les accueille même si c’est dur pour pouvoir les gérer, quand c’est possible.

Quand ça ne l’est pas, je pleure, je partage, je cherche du réconfort. Et c’est OK. N’en déplaise à certains, je pars du principe que je passe énormément de mon temps à écouter et me mettre en retrait pour aider les autres comme je le peux (et ça me plait), j’ai aussi le DROIT de flancher. Et de me plaindre. Je conçois que ça puisse gêner ou agacer, et là aussi c’est OK. 

Et donc en ce moment, enceinte au 3ème trimestre, confinée, obligée de me priver de sucre et de contrôler ma glycémie plusieurs fois par jour, je suis comme tous les parents un peu fatiguée et comme certains parents un peu (beaucoup !) angoissée par la reprise de l’école. Il y a ce que je sais : il faut que les parents retournent travailler, que les activités reprennent, qu’on apprenne à « vivre avec » le virus (n’empêche que ça fait quand même peur non ?). Il y a ce que je ne sais pas : comment faire quand on est considéré « à risque », comment va évoluer la situation d’ici Juillet, comment la rentrée va réellement se passer et avec quels moyens.

Il y a ce que je ressens au fond de moi, la peur, l’angoisse, la fatigue, l’incertitude, le tout exacerbé par le confinement. Il y a le manque de confiance en l’avenir, la peur pour ce bébé encore si petit et si vulnérable que je suis supposée protéger (mais comment ?), la peur pour mes filles, pour mon mari, pour mes parents qui me manquent terriblement, l’incertitude face à une situation inédite. Parce qu’à l’hypersensibilité se rajoute un tempérament obsessionnel et anxieux.
Mais même sans ça, imaginez être enceinte en ce moment…

Grossesse et coronavirus : la peur au ventre

(Notez le superbe jeu de mots dans ce titre)

La grossesse n’est pas une période toujours facile à vivre : on est pas égales face à ça, médicalement et mentalement. Perso, j’ai même vécu un baby blues pendant la grossesse et c’était vraiment perturbant.

Etre enceinte, c’est préparer l’arrivée d’une nouvelle vie, c’est se recentrer sur soi, c’est apprivoiser un corps qui change. C’est une période faite de rendez-vous merveilleux, de premières fois émouvantes, c’est un moment consacré à la préparation face à un changement (un tsunami même) dans votre vie à jamais. La grossesse en temps normal, c’est acheter de petits habits, préparer une jolie chambre, choisir un prénom, réfléchir à l’avenir, mais c’est aussi avoir peur pour son bébé. Peur de la fausse couche, peur de mal faire, peur d’avoir mal, peur de rencontrer son bébé, peur de le mettre en danger. La pression de porter la responsabilité d’une petite vie à l’intérieur de soi aussi.

C’est un tas de sentiments contraires, amplifiés par des hormones au taquet. Alors imaginez ce que c’est dans un contexte de pandémie mondiale et de confinement. D’incertitude sur l’avenir. D’isolement de sa famille, de fatigue de devoir conjuguer boulot, enfants, continuité pédagogique (parce que oui, cela revient souvent aux mères cette tâche là…), grossesse et taches ménagères. Bien sûr, on peut le vivre de tout un tas de manières différentes. Mais on a le droit d’avoir peur pour son bébé, pour soi, de ne pas savoir comment réagir face à un avenir incertain.

Je ne dis pas que c’est horrible comme situation. Juste que c’est difficile, comme tout un tas d’autres situations en ce moment. Bon là en l’occurence je parle de celle que je vis et que je connais, mais vous voyez l’idée.

En ce moment, être enceinte c’est se demander si on doit aller aux rendez-vous médicaux. C’est se faire conseiller de rester confinée au maximum, d’éviter tout déplacement parce qu’on est « à risque ». C’est faire l’impasse sur la préparation à l’accouchement, c’est s’organiser comme on peut sans pouvoir sortir pour préparer l’arrivée de son bébé. C’est se demander si on vivra l’accouchement seule ou non. C’est se dire que si on tombe malade, on risque d’accoucher prématurément, d’être séparée de son bébé plusieurs jours dans le pire des cas, c’est angoisser pour tout et pour rien parce qu’en vrai on n’a aucun recul et on ne sait rien. Demander à quelqu’un (a fortiori quelqu’un d’anxieux et sensible) de relativiser et d’être détendu face à une situation stressante sur laquelle il ne sait rien, c’est un peu compliqué, vous en conviendrez.

Alors arrêtez de demander aux gens « d’être forts », d’être zen, quand ce n’est pas possible pour eux. Offrez leur une oreille attentive si vous le pouvez, ou reconnaissez simplement que ça doit être difficile pour eux. Comme on ferait avec les émotions d’un enfant (là aussi, autre sujet), pour mieux aider à les traiter. Et si la vraie force c’était d’accepter ses émotions pour pouvoir y faire face et ne pas « laisser trainer » quelque chose qui deviendrait « toxique » avec le temps ?

Pour finir, j’aimerais vraiment dire merci à tous ceux qui auront lu jusqu’au bout cet article. Et aussi à ceux qui m’ont envoyé de l’amour et du soutien sur les réseaux sociaux. A ceux qui aident avec leurs mots même sans le savoir. C’est une période particulière mais j’essaie quand même de profiter de cette dernière grossesse, qui aura été de l’imprévu tout le long. Le lâcher prise, tant pis. S’accepter est tout aussi important, et peut être même que c’est la première étape ?

Si vous aussi vous angoissez et vous vivez parfois mal le combo hypersensibilité, grossesse et coronavirus, n’hésitez pas à commenter voire même à me contacter pour en discuter. Courage à tous 😉

5 commentaires

  1. Bonjour,
    Je lis pour la première fois votre blog et surtout cet article concernant la grossesse et le coronavirus. Votre sujet est très enrichissant et informatif pour tous les futurs mamans, tous ce qu’on doit ou ne pas faire durant la grossesse. En tous cas, c’est un article encourageant et très réalistes face au contexte actuel qui n’est pas du tout favorable pour tout le monde. Merci

  2. Bonjour. Je m’appelle moi aussi Céline. Et suis moi aussi enceinte de 6 mois d’un petit garçon prévu pour fin juillet. Je suis déjà maman d’une petite puce de bientôt 4 ans. Je me retrouve totalement dans votre article avec cette cochonnerie de virus c’est dur de rester sereine surtout que je suis comme vous, anxieuse et angoissée en temps normal alors avec les hormones et la situation actuelle c’est encore pire. Pour cette seconde grossesse je suis moins sereine et apaisée que pour la 1ere, en partie a cause de la pandémie et parce que l’an dernier j’ai fais deux fausses couches coup sûr coup qui m’ont fait me sentir pas normale et beaucoup souffrir. Du coup maintenant j’ai peur. Cette grossesse est forcément d’autant plus précieuse. J’essaie de me raisonner en me disant qu’il n’y a aucune raison que ça se passe mal et que dans plus très longtemps, mon petit prince sera là parmi nous. En tous cas je nous souhaite une bonne fin de grossesse et plein de bonheur à venir.

    1. Merci pour votre commentaire et belle fin de grossesse à vous aussi 😉 Je suis désolée d’apprendre que vous avez connu des fausses couches, c’est sur que ça n’arrange pas la situation (3 avant ma grande, 1 avant ma petite, j’étais angoissée enceinte même sans le virus). Vous avez raison d’être positive et vous avez également le droit d’être anxieuse. On croise les doigts pour que fin juillet ça aille un peu mieux…

  3. Votre article me parle : je suis actuellement enceinte de mon troisième enfant, une petite fille après mes deux garcons chéris de presque 3 et 6 ans. Je m inquiete pour tout, pour mes aînés leur retour ou plutôt leur non reprise de la crèche et de l ecole, mon suivi médical, l absence de soutien (mon mari travaille depuis le début du confinement). Je me sens coupable de ne pas accueillir cet enfant dans de bonne condition (sa chambre ne sera pas prête, je n ai pas pu lui préparer un nid…). C est sûrement idiot mais rien qu écrire ces quelques mots m a soulagé. Votre article me rassure, je ne suis pas seule dans ce cas. Un grand merci.

    1. Merci à vous pour votre commentaire, en effet c’est rassurant de voir qu’on n’est pas seule 😉
      Vous faites de votre mieux dans ces conditions et c’est déjà beaucoup ! Gérer 2 enfants seule en journée enceinte, avec tout le stress qu’on subit, déjà chapeau 😉 Rien de ce que vous écrivez n’est idiot, ce que vous ressentez est normal et légitime 🙂

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