Plus jamais de bébé, une page à tourner…

plus jamais de bebe
 » Plus jamais de bébé « 

C’est ce que je répète depuis des années.

Et puis voilà, mon dernier bébé a eu 5 ans… entre nostalgie et regrets, fierté de la voir grandir et blues du nouveau né, j’apprends à faire une fois pour toutes le deuil de la maternité.

Je l’avais claironné à qui voulait l’entendre (ou pas d’ailleurs) dès la naissance de Miniloute : elle serait mon dernier bébé, il n’y aurait JAMAIS de petit troisième, et pas de place pour le doute. J’ai passé des semaines et des semaines à me dire « tiens bon, c’est la dernière fois que tu vis ces premiers mois délicats »
A cause du RGO sévère de ma deuxième fille, de son hypersensibilité et de mon manque de patience, j’ai juré qu’on ne m’y reprendrait plus.

Je répondais du tac au tac à ceux qui me disaient qu’on ne peut jamais dire jamais, que chez moi c’était fermé à triple tour et que j’avais jeté la clé. Je ne ressentais plus le petit déclic dans mes entrailles quand je tenais un nouveau né. Mes nouveaux nés à moi ont souffert, peu dormi, beaucoup pleuré et je gardais des souvenirs amers de la petite enfance.

Ces cicatrices ont muté en regret, avec le temps on prend du recul mais on oublie aussi. Merveilleuse amnésie des parents qui débarque quand on redort enfin… Je me suis mise à regretter les premiers instants, les premiers mois, à me dire « j’aurais du », « je n’ai pas pas assez profité »

En vérité j’ai profité des 3 premières années de ma petite dernière 24h sur 24 et 7 jours sur 7. Je vous disais d’ailleurs comment j’avais mieux vécu mon congé parental et que ma maternité avait été un petit peu plus épanouie cette fois, malgré les couacs. Je regrettais tout de même, entre la première qui a grandi trop vite et la seconde qui a fermé la marche trop rapidement aussi finalement. Le temps a cette faculté de passer trop vite, surtout quand tu as des enfants.

En vérité, j’ai fait comme je pouvais. J’ai fait de mon mieux, avec toute l’énergie et l’amour que je pouvais donner. Alors oui bien sûr j’aurais pu être plus patiente, positive et sereine. Mais est ce vraiment facile à faire avec deux enfants de trois ans d’écart , dont une qui n’a pas fait ses nuits avant 3 ans et passait ses journées à souffrir, que ce soit du reflux ou de ses émotions qui débordent ? Est ce que j’aurais vraiment fait mieux avec des nuits hachées, un bébé qui pleure non stop et cette foutue culpabilité ?

Peut-être que oui, peut-être que non.

Quand on me dit que faire un troisième enfant me réconcilierait avec la maternité, j’avoue que l’idée m’a déjà traversé l’esprit. Pas à haute voix bien sur, mais à demi mot oui. Bien sûr que j’ai imaginé un troisième enfant, un dernier petit bébé pour la route, avant le cap des 35 ans que je m’étais fixé comme « dernier délai ».

Mais la vérité c’est que ce qui me manque parfois, ce n’est pas d’être à nouveau enceinte ou d’avoir un autre petit bébé. Ce qui me fait monter les larmes aux yeux ce n’est pas d’imaginer un nouveau petit être lové dans mes bras, c’est de me dire que mes filles ne seront plus jamais de petits êtres lovés dans mes bras. Parfois je n’aurais pas envie d’une grossesse mais d’une machine à remonter le temps.

Mais juste parfois. Parce que le reste du temps je suis bien contente d’être sortie du tourbillon couches/poussées dentaires/nuits pourries/pleurs et de voir mes filles grandir, apprendre, devenir des personnes à part entière.

Alors j’essaie de me rappeler qu’un jour elles n’auront plus besoin de moi. Qu’elles ne m’appelleront plus 10 fois le soir pour un dernier bisou et un dernier câlin. Que si la période bébé est passée en un clin d’œil, ça sera aussi le cas de leur enfance puis de leur adolescence (ouf !).
J’accepte qu’elles grandissent, se détachent de moi, que je vieillisse aussi.
Je fais la paix avec la grossesse, nos premières années chaotiques, j’essaie de m’améliorer et de profiter du moment présent.

Mon dernier bébé a eu 5 ans, et j’ai fait le deuil de la maternité rêvée. Je ne dis plus jamais désormais mais je suis bien comme cela aussi. Je fais de mon mieux pour chérir les souvenirs sans nourrir de regrets. Après tout mes filles sont la preuve qu’on n’a pas trop mal géré leurs premières années, et que je n’ai rien à regretter…

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